Accueil > Actualités > Que fait la police... sur Internet
Le quotidien d’Yves Crespin, ce sont les pirates : de l’intrusion sur un serveur à l’effacement de ses données, en passant par la contre-façon de logiciels ou encore le détournement des centraux téléphoniques (PABX), ce qui laisse souvent de belles ardoises aux entreprises.
Mais pour BNP Paribas, il évoque plus particulièrement les embûches qui guettent l’internaute.
:: Quelles sont les grandes tendances du moment en matière de criminalité informatique ?
Parmi les affaires que nous voyons le plus souvent, le phishing (imitation du site d’une banque afin de piéger l’internaute, ndlr) marche toujours très fort ! Il fait partie des deux infractions que nous traitons le plus, avec le “defacement” (barbouillage) de sites web.
Même les tentatives les plus grossières fonctionnent encore : il semble y avoir toujours quelqu’un pour cliquer sur les liens dans les courriers de phishing. Et même avec un taux de succès de un ou deux pour mille, cela reste rentable pour les pirates.
:: Arrive-t-on à mettre la main sur ces pirates ?
Oui. Nous avons par exemple été les premiers à arrêter des “phishers” français, deux étudiants à Strasbourg. Mais il faut reconnaître que c’est très souvent une fraude basée à l’étranger, et cela devient tout de suite plus compliqué.
:: Les gangs de “phishers” étrangers sont-ils intouchables pour les autorités françaises ?
Les procédures à l’international ont plus de chances de rester bloquées inexplicablement pendant des mois, voire de sombrer. Mais l’Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l'Information et de la Communication, avec qui nous travaillons régulièrement, a obtenu de beaux succès en arrêtant notamment des équipes de phishers en Ukraine ou en Russie.
:: L’autre visage du phishing, ce sont les “money mules”, ces internautes qui pensent travailler à domicile pour une société étrangère mais se retrouvent en fait à blanchir l’argent dérobé moyennant une commission. Est-ce une réalité en France ?
Bien sûr. Nous en arrêtons tous les mois ! Ce sont souvent des cadres dans une mauvaise passe financière qui pensent avoir trouvé un “petit boulot” d’appoint. Certains ont conscience de faire quelque chose de pas très clair, d’autres tombent des nues lorsque nous les interpellons. Mais nous les poursuivons systématiquement, car nous ne pouvons pas savoir s’il s’agit de véritables complices ou non. Ils ont droit à la totale, réveil à l’aube et garde à vue. Ils encourent jusqu’à cinq ans de prison et/ou jusqu’à 375.000 euros d’amende.